CARNET DE ROUTE

Saint-Omer, le 15/09/2010 – Home sweet home

Nous rejoignons Kiro et Jeanne sur la cote. Quelques péripéties ont été vécue en route. Lili a accompagné Raphaël jusque la. Impossible de réparer son moteur. On découvrira au calme, à l’origine de la panne, une casse de la gâchette du volant magnétique.

Nous y ferons une halte quelque jours histoire de profiter un peu de sa plage de sable blanc et des festivals de musique quotidien pour divertir les touriste (nous sommes en plein été, de nombreux touristes, et parmi eux de nombreux russes, se rendent dans cette station balnéaire). Nous auront droit au fameux hit bulgare du début des années 2 000 : « maiha i mahia ou » et lespetits chantuers à la croix de bois version bulgare en tournée.

Sur Varna nous rencontrons Borislava. Française d’adoption, elle a eu une vie âpre et difficile à l’image de son pays. Spoliée à l arrivée des communistes au pouvoir, sa famille s’est retrouvée sans le sou du jour au lendemain. Tour à tour Officier de marine, commercial, mère de 2 enfants, et employée de la fonction publique en France. D’une grande bonté d ‘âme, elle nous offrira le gite et le couvert en plus de toutes ses anecdotes. Varna restera un merveilleux souvenir pour nous. En plus de la beauté de la ville, notre rencontre avec Borislava reste inoubliable. Nous retiendrons d’elle un beau dicton Bulgare sur la bêtise humaine. Comme pour nous, en Bulgarie on ne dit pas que les gens sont méchants ou mauvais juste qu’ils ne savent pas. On dit alors de ces personnes « qu’il leur manque leur 7ans ». 7 année qui correspondent au 7 premières année de la vie de chacun. 7 ans durant lesquels les parents vont pouvoir inculquer à leur enfants les bases pour évoluer en société. C’est pendant cette période courte mais riche en apprentissage que se jouera une bonne parti de la destinée de chacun. On dit d’ailleurs chez nous qu il s’agit de l’age de raison. Passage de la petite enfance à l’enfance. Age à partir duquel nous prenons conscience de nos actes.

Nous avons souvent été confronté à cette situation d’absence des 7 années. On s est vraiment rendu compte à quel point l’éveil de l’enfant était important pour sa vie d’adulte. Nous vous passons les nombreuses histoires du type « le rond dans le triangle » pour illustrer des situations cocasses ou nos interlocuteurs n’arrivait pas à résoudre un problème qui n’en paraissait pas un. Un exemple parmi tant d’autre : J’ai 2 sacs, un gros et un petit, 2 casiers sont vides, un grand et un petit, chacun adapté à la taille de chacun des sac. Et bien non, combien de fois nous a t on fait le coup de vouloir mettre le petit sac dans le grand casier et le gros sac dans le petit casier alors que ça ne rentrait pas … On comprend un peu plus la « pertinence » des questions, lecture d’un programme TV, tests de la JAPD (Journée d’Appel Préparation à la Défense remplaçant le service militaire).

Sur la route qui nous mène en Roumanie, nous longeons un moment la cote pour retrouver l’embouchure du Danube. Entre deux villes, beaucoup de campagne et de forets. Et en lisière de foret de nombreuses femmes attendent. Il y a du monde sur ces routes. Vous l’aurez comprit, la prostitution est ici une institution. De nombreuse adolescente d’origine Roumaine viennent « travailler » en Bulgarie pour agrémenter le quotidien de leur famille resté au pays.

En Roumanie, sur une route de terre, on croise un voyageur atypique : Jan. Il est allemand et se rend à Istanbul en trottinette ! Nous qui pensions avoir pousser le concept du voyage assez loin … Il rigole pas mal en nous voyant sur nos vélo moteurs. Pour lui, le vélo va trop vite et à pied c’est trop lent. La trottinette est le bon compromis. Séance photos, échange de bons plans.

3 jours plus tard, nous tombons sur Guillemette et Christophe qui font le tour de l’Europe pendant 3 ans en vélo en tractant un piano de 250 Kgs !! (http://www.pianotrip.com). Ils ne font que 30 Km par jour. Mais quel exploit ! Un champ avec 2 agriculteur s qui bèchent ? Ils s’arrêtent leur jouent un morceau. En rase campagne, dans les hameaux les plus reculés, dans les grandes métropoles, ils jouent. Les réactions sont multiples. Joie, pleurs, mélancolie, hostilités à leur art, ils sont confrontés à tous types de réactions. Nous passons toute la nuit à refaire le monde et à s’échanger nos plus belles rencontres et aventures

Nous avons ces dernières semaines donc : Un allemand partis de Bavière pour rallier Jérusalem en roller, Un berlinois qui se rendait à Istanbul en trottinette et deux français qui font le tour d’Europe en vélo en tractant un piano de 250 kg. On se disait alors, avec nous 4 en solex, c’est bon nous avons vu les voyageurs les plus atypiques d’Europe. Et bien non ! Il y a encore plus loin, plus fort, plus fou ! Quelle peut être cette autre idée farfelue ? Quel peut être ce moyen de transport original. Il s’agit de 2 Belges faisant le tour d’Europe en un an en stop. Vous nous dirais oui mais le stop c’est pas plus original que ça ! Quelle peut être alors leur originalité ? Quel concept ont ils bien put inventer ? Il s’agit du caravane-stop. Ils font le tour de l’Europe en caravane (une petite roulotte à l’ancienne en faite) mais sans voiture ! Non seulement il faut qu une voiture s’arrête mais en plus, il faut qu elle ai la boule pour tracter la roulotte. Pas facile dans ces conditions d’avancer à une cadence régulière. Il leur a fallu quelques fois attendre quelques jour dans le même village qu une voiture passe pour les prendre. Sauf que, sauf que à projet exceptionnel, comportement exceptionnel. De fil en aiguille leur entreprise se médiatisant, une chasse à la caravane s’est organisée en Europe de l’est. Des personnes les ayant vus à la TV se sont mis à venir les chercher pour les amener dans leur jardin. Petit à petit ils ont été « confié » à d’autre amis des chauffeurs et n’ont presque plus de soucis de stop jusqu en mer noire. Fabuleux ! Il fallait y penser.

La Roumanie, pays superbe, autochtones accueillants. C’est là bas que l’on nous met à la page au niveau politique intérieure française. Nombre d’entre eux en reviennent justement. La politique d’expulsion des Roms bat son plein. En Turquie, on nous avait parlé du débat sur le voile. Qu ils ne comprenaient d’ailleurs pas vraiment puisque pour eux le voile est, en Turquie, interdit dans les lieux publiques. Nous suivons de loin ce qu il se passe en France. Il est très intéressant de voir comment est interprété la politique national à l’étranger. Nous ne rentrerons pas dans le débat du pour ou contre la politique d’expulsion des Roms mais nous attarderons sur le statu particulier qu il occupe en dans leur région d’origine : la Roumanie. Attention, à ne pas confondre Roms et Roumains sont deux choses différentes. Les Roumains sont les habitants de Roumanie et les Roms une des nombreuses « ethnies » des « gens du voyages ». Ils ne sont pas présents qu’en Roumanie mais dans de nombreux pays d’Europe de l’est. Ils sont stigmatisés et marginalisés (ou se marginalisent eux même). Ils n’ont pas forcément de papiers d’identité (même en Roumains). La Roumanie évite le dossier comme les autres pays ou ils sont présents. Apatrides, ils sont balloté d’un pays à l’autre au gré des politique intérieures.

Nous ne croisons pas beaucoup de voitures en revanche énormément de roulottes ! Véritable « mobile home », ils nous arrive de faire la course avec eux. Les chevaux ont une place très importante dans la société. On nous avait parlé en Bulgarie des chevaux mis en appartement HLM au 5é étage, mais le voir, c’est autre chose …

Plus nous remontons le Danube et plus nous croisons de cyclistes au long cour

En Serbie, le Solex est à nouveau roi. Les anciens ressortent les photos de leur jeunesse ou ils possédaient un vélo moteur. Nous en réparerons 2 en route. Jamais nous n’aurions imaginé que cela aurait put faire tant plaisir à quelqu’un. Le Solex hérité du grand père et du père mais qu une pompe à essence ou une prise d’air met hors de service. Nous sommes en manque de pièces détachées. Et oui maintenant que nous sommes 4 solex, ca part plus vite. Nous trouvons un vieux moteur de S 3800 tout rouillé au fond d’un garage dans le nord de l a Serbie. Chouette, on repart rassuré de Serbie, rien ne devrait plus nous arrêter !

Petit tour en Slovaquie, et arrêt de 3 jours à Vienne en Autriche. Nous rencontrons Michael (qui nous avait contacté quelques mois plus tôt) qui vend des Solex !!!

La République Tchèque nous réservera des surprises et une de taille : sa géographie ! Ca monte et ça descend tout le temps et le mauvais temps est de la partie ! Nous verrons tout de même Budapest sous le soleil.

7 aout, deuxième anniversaire sur le Solex. Endroit improbable. Il pleut, on s’arrête, il y a un bar creusé dans une colline. A l’intérieur AC/DC à fond les ballons et des rires. Ça commence bien. Personne ne parle Anglais mais la femme du patron parle un peu allemand. Elle nous explique que le meilleur ami du patron fête aujourd’hui ses 36 ans ! Et moi mes 26 ! On se réveillera sur les table encore pleine de verre à moitié vides (ou pleins ?). Midi, nous mettons les voiles après un brunch tchèque.

L’Allemagne ne nous épargnera pas non plus. Sur la route Budapest – Cologne, les montagnes russes se succèdent. La pluie n’arrange rien. Nos Véhicules patinent. C’est l’enfer. Nous pensions avoir vécus les moments les plus difficiles mais la dernière ligne droite sera la plus dures ! Thibaut est déjà arrivé à Cologne. Nous aurons 2 jours de retard.

Nous rencontrons Gunter, grand fan de Solex. Il passe sa retraite à retaper des Solex. Nous passons le voir pour retaper un peu nos engins pour la dernière semaine de voyage (se serai trop bête qu’ils nous lâchent juste avant la fin). Nous qui venions pour des petites soudures qui auraient du durer 30 min max, ce sont 2 jours complets que nous sommes restés chez lui ! Lorsqu’il a vu l’état des moulins, ils nous demandé par quel miracle nous pouvions encore avancer avec ! Scotch, fil de fer, pâte à joints, les réparations « mac giver » ne manquent pas. Mais ça fonctionne. C’est tout le moteur (il y en aura 2, à raison d’une journée par moteur) qu il entreprendra non seulement de démonter mais aussi de nettoyer !! sur son établi, 5 moteurs rutilants sont exposés. On peut manger dessus. C’est le résultat qu il entend obtenir avec nos vieux 2 temps. Il mettra la moitié des pièces « d’origine à la poubelle » lors du démontage, tandis que Simon, Thibaut et moi tentions de récupérer les pièces qui nous paraissait encore en état d’être utilisées. Ayant vu avec quel professionnalisme et attention il prêtait à ses solex et nos moteurs, nous avions un peu honte de lui parler du problème « annexe » de nos solex : Nos cadres. Nous lui avons donc laisser la surprise lors de l’essaie du moteur. SCHEISE ! Au moment de partir, le pédalier se bloque, il déraille, mais le moteur part. C est l’essentiel. Le pédalier est HS, il est inutilisable depuis 500 Km … Le cadre doit être resserré, des soudures sont nécessaires sur le porte bagages, … Depuis qu on a passé Jena, c’est la Bérézina !

Fantastique rencontre avec ce pationé de Solex que nous reverrons avec joie à l’arrivée (merci encore pour la surprise !).

Prochaine destination : Bruxelles. Nous avons prit pas mal de retard. On roule de nuit. Nous effectuerons la plus longue journée en nombre de km et nombre d’heure : 16h00 de solex et 290 km. Nous y arriverons de nuit, accueillis par Jean Poire et Guy (qui passera la nuit sur nos engins). Nous aurons raté la rencontre avec le Club de Solex de Belgique qui nous avait réservé un accueil surprise sur la place. Promis les gars ce n’est que parti remise !! en Janvier on viendra vous faire une conférence avec les Solex ! Guy nous accompagnera jusque la sortie de Bruxelles (merci encore pour la mécanique !)

Nous ne sommes plus que 3 avec Thibaut. Les deux derniers jours se déroulent sans encombre. Le dernier soir, dans une friterie, on croise Manix qui a du mal à en croire ses oreilles lorsqu on lui dit qu on vient de faire le tour du monde sur les solex juste dernière et que le lendemain nous terminerons un voyage entamé 14 mois plus tôt

Un jour avant le retour officiel, nous faisons une étape à 20 km de St Omer dans la ferme d’une de nos grand tante, nous revoyons la famille. Le lendemain, nous serons escorté par tous les fans de Solex de la région ! Un cortège de pas moins de 25 Solex ! Merci à tous pour votre présence, c’était top ! Le plus beau retour que nous ayons put rêver !

La suite, vous la connaissez, petit speech sur la grand place, et retour à la vie « sédentaire » (encore que …). A très bientôt à tous ! Le projet n’est pas fini ! A venir :

  • 1 long métrage et 1 court métrage (qui servira lors des conférences).
  • 1 livre est en cour d’écriture (d’ailleurs si un éditeur est intéressé, vous pouvez toujours nous contacter par mail : contact@avelosolex.com)
  • 1 Cycle de conférence de Janvier à mars/avril en France et en Europe. (Si vous êtes intéressée n’hésitez pas à nous recontacter vers décembre, il est encore trop tôt pour établir le calendrier, nous ne sommes pas prêts)

Nous tenons à remercier tout particulièrement le « B Solex club », le club de Solex de Belgique et ses membres pour son soutien et ses pièces de rechange.

Nous finirons ce voyage sur 2 citations et une réflexion personnel sur le bonheur issus d’une longue introspection en Asie du sud Est :

« Qui reste chez soi connait les autres, qui voyage, se connait soi même »

« Le monde est un livre, qui ne voyage pas, reste à la première page »

Qu’est ce que le bonheur ?

Le bonheur n’est pas une conséquence, c’est un choix. Tout le monde n’est pas fait pour être heureux. On le décide.

Encore une fois, un grand merci à toutes et à tous pour votre appuis, vos e-mails et encouragements !!

Solexement,

L’équipe A vélo SoleX !